mardi 31 juillet 2012

Moustapha Niasse au perchoir, le parachèvement d'une carrière politique


Moustapha Niasse, comme attendu, a été élu ce lundi président de l’Assemblée nationale, une promotion qui peut s'analyser comme le parachèvement de la carrière politique de celui qui a été la tête de liste de Bennoo Bokk Yaakaar, la coalition de la majorité présidentielle, lors des législatives du 1-er juillet dernier.
Selon la presse, l’élection de Moustapha Niasse au perchoir était déjà actée, après le renoncement de Moustapha Cissé Lô, qui briguait ouvertement ce poste contre le choix porté par Macky Sall sur le premier. "Ce matin, la vie de Moustapha Niasse va changer de cours. Son CV sera garni du titre qui faisait défaut. A moins d’un cataclysme, Niasse sera élu ce matin, …président. Président de l’Assemblée nationale", prophétisait déjà lundi matin L’Observateur.

Né le 4 novembre 1939 à Keur Madiabel (centre), cet ancien administrateur civil, devenu politicien et homme d’affaires, a raté trois fois de suite l’élection présidentielle. Dont deux sous la bannière de l’Alliance des forces de progrès (AFP), un parti qu’il a créé le 16 juin 1999 et dont il est le Secrétaire général.

Après celles de 2000 et 2007, M. Niasse était le candidat de Benno Siggil Senegaal (BSS) à la présidentielle de février-mars dernier. Il était arrivé troisième au premier tour, derrière le sortant Abdoulaye Wade et Macky Sall, qu’il a soutenu dans son élection au second tour, en mars.

Disciple de l’ancien président socialiste Léopold Sédar Senghor, M. Niasse apportait pourtant son soutien au vieil opposant libéral Abdoulaye Wade, élu le 19 mars 2000 en remplacement du socialiste Abdou Diouf. Avec ce dernier, il a gardé une rivalité qui remontait à l’ère Senghor.

M. Niasse est un ancien baron du Parti socialiste (PS) et de son pouvoir qu’il avait lâchés depuis 1998, en le confirmant urbi et orbi le 16 juin 1999. A l’issue du scrutin présidentiel de l’année suivante, il est sorti des urnes quelque part favorisé par le destin (16,8%).

De nouveau candidat en 2007, M. Niasse termina quatrième (5,93% des voix). Ni vainqueur ni perdant, il s’est retrouvé, en 12 ans, tombeur des présidents Diouf et Wade, mais surtout ‘’faiseur de rois’’, en pesant sur les élections respectives de Me Wade et M. Sall.

En récompense, le président Wade, aussitôt installé en avril 2000, le ramena à la Primature, qu’il avait quittée sans gaîté, exactement 17 ans plus tôt, sous le régime de M. Diouf. Le président Sall a voulu le récompenser de son soutien, en le préférant pour le perchoir.

Outre la figure du ministre qui venait à l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse connaît aussi les travées de l’Hémicycle. De mai 2001 à juin 2006, il a siégé comme député aux côtés de ses proches Madieyna Diouf, Amath Dansokho et Madior Diouf, parmi d'autres.

Avec fracas, M. Niasse et ses camarades avaient quitté leurs fonctions pour respecter la légitimité de leur mandat de cinq ans et protester contre la décision de Me Wade, ainsi que l’amendement du Parlement qui avaient décidé de proroger d’un an lesdits mandats.

Cette loi alléguait le couplage des élections de 2007, soit le 25 février pour la présidentielle et le 3 juin pour les législatives. ‘’L’Assemblée nationale a adopté en séance du mercredi 7 février 2007 et à la majorité des 3/5 des membres la composant.’’

A la suite de la victoire surprise ‘’dès le premier tour du scrutin’’, du président Wade, "l’opposition significative" boycotta les législatives de juin 2007. Un an auparavant, M. Niasse et 10 autres députés du groupe Espoir, ainsi d’autres parlementaires, démissionnaient.

Cette protestation visait, au-delà de la prorogation du mandat des députés et du couplage des élections présidentielle-législatives, à marquer une volonté de réaffirmer le pouvoir des parlementaires et rompre avec une Assemblée nationale à la solde du président de la République.

La nouvelle majorité politique, qui a défait le régime d’Abdoulaye Wade, cherche à asseoir son pouvoir, à travers notamment un contrôle de l’Assemblée nationale pour permettre au président Macky Sall de gouverner sans encombre, dans le respect des Institutions.

Au cours de la campagne pour l’élection de 150 députés, le 1-er juillet dernier, cette volonté de puissance des nouveaux gouvernants se heurte à l’affirmation du principe républicain de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. La critique va-t-elle changer de camp ?

‘’Les députés de Benno Bokk Yaakaar ne seront pas les élus de Macky Sall comme [l’ont été] ceux d’un passé récent. [Ils] représenteront le peuple et seront loyaux vis-à-vis du chef de l’Etat choisi comme eux par les Sénégalais’’, a affirmé Moustapha Niasse, récemment à Kaolack.

‘’Nous espérons gagner avec une large majorité pour permettre à l’Exécutif [de dérouler] sans accroc […] le programme de rénovation nationale dont les éléments ont été rassemblés pendant trois ans’’, a dit l’ancien conseiller technique, puis secrétaire d’Etat, ministre et Premier ministre.

L’homme est tenace. Son frère Sako Diop se confiait ainsi à Sud Quotidien: ‘’Moustapha Niasse est un homme imperturbable, très serein et très clairvoyant. Il avance à petits pas, mais il avance sûrement vers l’objectif qu’il s’est fixé.’’

Pour l’ancien archevêque de Dakar, feu le cardinal Hyacinthe Thiandioum, le musulman réputé Moustapha Niasse est ‘’un homme intelligent, formé par Senghor. Il connaît le pays, est l'ami des Arabes et affiche une grande ouverture d'esprit à l'égard du christianisme’’.

‘’Ancien Premier ministre et longtemps ministre des Affaires étrangères de son pays, M. Niasse apportera à la conduite de sa mission l’autorité de l’homme d’Etat, l’expérience du diplomate et un engagement profond en faveur de la paix en Afrique’’, écrivait en avril 1999 Kofi Annan.

L’ex-secrétaire général des Nations unies nommait M. Niasse envoyé spécial en République démocratique du Congo (RDC). M. Annan l’a désigné six ans plus tard membre du Haut conseil pour l’Alliance des civilisations.

Politicien, M. Niasse est aussi un homme d’affaires prospère, généreux avec les étudiants, les malades, les démunis et les artistes sans le sou. Il a des intérêts dans les hydrocarbures, les assurances et l’industrie, mais il garde ses attaches avec la terre qu’il cultive dans le centre du Sénégal.

Marié à Marianne Cissé, l’ancien Premier ministre est père de quatre garçons et de deux filles. Dans une émission radiophonique, le prêcheur Alioune Sall - aujourd’hui candidat à la députation - saluait le culte que le politicien Moustapha Niasse voue à sa mère âgée 97 ans, le donnant en modèle pour les jeunes.

‘’Nous sommes fiers de voir ces populations frétiller d’impatience, d’enthousiasme, de confiance et de foi. Ce pays va changer dans quelques temps. Vous allez voir les améliorations qui vont survenir dans beaucoup de domaines’’, promettait-il lors de la campagne pour les législatives.

vendredi 2 mars 2012

La RTS reçoit une mise en demeure suite à une plainte de "Macky 2012"

 La Radiodiffusion-télévision sénégalaise (RTS, publique) est tenue d’accorder un droit de réponse à la coalition "Macky 2012", auteur d’une plainte contre la chaîne publique, pour avoir diffusé des propos prêtés à cet état-major du candidat Macky Sall, qui les récuse à son tour.
Dans une mise en demeure, , le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) demande à la RTS ‘’d’accorder un droit de réponse à la partie plaignante dans les conditions prévues par les dispositions des articles 10 et 11 de la loi n°96-04 du 22 février 1996’’.
La chaîne publique est également tenue d’‘’arrêter sans délai la diffusion de l’émission incriminée’’.
Le CNRA indique avoir reçu ‘’la plainte de la coalition +Macky 2012+ relative à des propos qui lui auraient été prêtés lors d’une émission de la RTS diffusée le jeudi 1er mars et rediffusée le vendredi 2 mars 2012, propos qu’(elle) réfute’’.
Le régulateur de l’audiovisuel sénégalais, qui a procédé à l’écoute et au suivi de ladite émission, a délibéré sur cette base et décidé d’envoyer ladite mise en demeure à la RTS.

jeudi 1 mars 2012

Youssou Ndour vote Macky Sall au second tour

Le leader du mouvement citoyen ‘’Fekkee maci boole’’, Youssou Ndour, a annoncé jeudi à Dakar son soutien à Macky Sall, soulignant qu’il battra ’’campagne avec ses propres moyens’’, lors du deuxième tour de l’élection présidentielle.
Arrivé deuxième à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle de dimanche dernier, Macky Sall recevait Youssou Ndour à son domicile.
Le journaliste Alioune Ndiaye a fait une déclaration, après cette rencontre, pour indiquer que le chanteur ’’va battre campagne avec ses propres moyens au profit de Macky Sall’’.
Selon Alioune Ndiaye, Macky Sall s’est engagé ’’à appliquer le plan d’urgence du mouvement citoyen Fekkee maci boole’’. Il s’agit, entre autres, de la ’’diminution des prix des denrées, un soutien en vivres de soudure au monde rural et l’indépendance de la justice’’.
Youssou Ndour dont la candidature a été invalidée par le Conseil constitutionnel, a affirmé qu’il mettra en place le concept ‘’village électoral’’. A travers ce concept, il va organiser des consultations gratuites et des concerts.
’’Plus de 70% des Sénégalais ont tourné le dos au président Abdoulaye Wade. Nous voulons des élections libres, transparentes. Il nous faut être vigilants. Le camp d’en face est prêt à tout. Les Sénégalais ont voté, le changement est là. C’est une affaire de formalité’’, a-t-il précisé.
Pour sa part, Macky Sall a estimé que le soutien de Youssou Ndour est ’’une grande contribution pour le développement et la démocratie’’.
Les résultats proclamés par la Cour d’appel mercredi confirment les tendances dégagées par ceux des commissions départementales de recensement des votes.
Aucun des 14 candidats à la présidentielle n’a en effet obtenu un score supérieur ou égal à 1.353.529 voix pour avoir la majorité absolue requise pour être élu au premier tour.
Un second tour opposera, par conséquent, le candidat des Forces alliées pour la victoire (FAL 2012), Abdoulaye Wade, à celui de la coalition "Macky 2012", Macky Sall.
M. Wade est sorti premier du scrutin avec 942.546 voix, soit 34,82% des suffrages contre 26,57% pour M. Sall, qui a recueilli 719.369 voix.

dimanche 29 janvier 2012

Amara Traoré : ‘’Je ne démissionnerai pas’’

Le coach des Lions du Sénégal, Amara Traoré, a exclu toute idée de démission de la tête de la sélection nationale au soir de la défaite (1-2) concédée contre la Libye, la 3-ème de suite dans la CAN 2012.
‘’Je ne démissionnerai pas. La seule certitude que j’ai, c’est que j’ai envie de continuer avec cette équipe’’, a déclaré le sélectionneur national dimanche, en conférence de presse.
Le Sénégal a perdu son 3-ème match de la CAN 2012 contre la Libye sur le score de 1-2. Le 3-ème revers dans cette équipe du Sénégal.
Amara Traoré a insisté sur la nécessité de corriger et de continuer parce que le Sénégal n’a pas le temps de former de nouveaux joueurs avant les prochaines échéances.
’’Ces joueurs ne peuvent pas devenir subitement nuls’’, a-t-il dit, soulignant qu’il porte, en tant qu’entraîneur, l’entière responsabilité de ce fiasco de la CAN 2012.
Sur le match contre la Libye, il a dit avoir senti que le même scénario des matchs précédents allait se produire.
Des jours avant le match, le sélectionneur national avait déclaré sa volonté de gagner cette rencontre pour remettre l’équipe nationale dans le sens de la victoire.
La dernière victoire de l’équipe nationale en phase finale de Coupe d’Afrique remonte au quart de finale (3-2) contre la Guinée en février 2006 à Alexandrie

samedi 28 janvier 2012

Le Conseil constitutionnel accepte la candidature de Me Wade

Le Conseil constitutionnel a accepté 14 candidatures dont celle d’Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle du 26 février, vendredi soir, à l’issue d’une longue séance de délibération, 
Les candidatures de Youssou Ndour, de Kéba Keinde et d’Abdourahmane Sarr ont été déclarées irrecevables.
En plus de la candidature d’Abdoulaye Wade, les juges ont retenu les celles de Macky Sall, Idrissa Seck, Cheikh Tidiane Gadio, Moustapha Niasse, Cheikh Bamba Dièye, Doudou Ndoye, Ousmane Tanor Dieng, Diouma Diakhaté, Amsatou Sow Sidibé. Mor Dieng, Djibril Ngom, Ibrahima Fall et Oumar Khassimou Dia.

Un policier tué lors d’une manifestation de l’opposition, à Dakar

Un policier a été tué dans les échauffourées qui ont éclaté vendredi soir à Dakar, après la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle, 
Fodé Ndiaye, âgé entre 19 et 20 ans, a été tué à Colobane, selon M. Sy.
L’opposition protestait, dans ce quartier, contre l’acceptation, par le Conseil constitutionnel, de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade pour le scrutin présidentiel du 26 février.
La police sénégalaise a dispersé, sur la place de l’Obélisque (Colobane), des centaines de manifestants de l’opposition et de la société civile et blessé un journaliste, après que le Conseil constitutionnel a validé la candidature d’Abdoulaye Wade, élu en mars 2000 et réélu en février 2007.
Les manifestants ont dressé des barricades dans plusieurs quartiers de Dakar et brûlé des pneus et d’autres objets pour bloquer le passage dans les rues du centre-ville.
De nombreux leaders du M-23 avaient menacé de protester devant le palais de la République si les juges constitutionnels validaient la candidature d’Abdoulaye Wade, qui a été élu en mars 2000 et réélu en février 2007.
A l’annonce de la validation de cette candidature par les radios, des jeunes du M-23 ont envahi la tribune pour pousser leurs leaders à se rendre au palais de la République comme promis.
En plus de la candidature d’Abdoulaye Wade, les juges ont retenu celles de Macky Sall, Idrissa Seck, Cheikh Tidiane Gadio, Moustapha Niasse, Cheikh Bamba Dièye, Doudou Ndoye, Ousmane Tanor Dieng, Diouma Diakhaté, Amsatou Sow Sidibé, Mor Dieng, Doudou Ndoye, Djibril Ngom, Ibrahima Fall et Oumar Khassimou Dia.
Les candidatures de Youssou Ndour, Kéba Keinde et Abdourahmane Sarr sont déclarées irrecevables.
Le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, a appelé vendredi soir les opposants qui contestent sa candidature sur ‘’des bases légères’’ à accepter le verdict rendu par le Conseil constitutionnel, afin que tout le monde aille aux élections.
La délégation locale de l’Union européenne (UE) ‘’suit avec attention le déroulement du processus électoral et a pris acte de la publication, par le Conseil Constitutionnel, de la liste des candidats au scrutin présidentiel’’.
L’UE a invité, dans un communiqué reçu à l’APS, tous les candidats ‘’contestant le bien-fondé de cette décision à user des voies de recours prévues par la législation électorale‘’. Elle ‘’appelle toutes les forces politiques à éviter toute décision et acte de violence de nature à nuire à l’exercice du droit de vote des citoyens sénégalais dans le respect des échéances prévues, et à maintenir un climat de paix’’.
L’ambassade des Etats-Unis a appelé tous les Sénégalais à respecter la décision du Conseil constitutionnel, après la publication de la liste des candidats à la présidentielle du 26 février.
L’ambassade américaine au Sénégal a encouragé ’’tous les partis politiques et les citoyens sénégalais à participer pacifiquement au processus politique et à veiller à ce que la prochaine élection présidentielle soit libre, juste, transparente et reflète la volonté du peuple’’.

mardi 24 janvier 2012

Badara Diatta brandit le premier carton rouge de la compétition

L’arbitre central sénégalais Badara Diatta qui a officié lors du premier match de la poule D entre le Ghana et le Botswana a été le premier sifflet africain à brandir un carton rouge à la CAN 2012.

Badara Diatta a expulsé le défenseur central et capitaine de la sélection du Ghana John Mensah, suite à une faute commise en position de dernier rempart sur un attaquant adverse, à la 66e minute de jeu.
L’arbitre sénégalais a été obligé de calmer les ardeurs sur le dernier quart d’heure du match en distribuant quelques cartons jaunes. Il a fait preuve d’une conduite de match assez correct, malgré l’adversité entre les deux pays anglophones de la poule D.
En plus de Badara Diatta, le Sénégal compte un autre arbitre dans le lot des 37 sifflets retenus par la Confédération africaine de football (CAF) pour les besoins de la CAN 2012. Il s’agit de l’arbitre assistant Djibril Camara.

P.-S.